Isolation des murs

Comme vu précédemment (Conception, choix de U), le choix de la structure principale du mur s’est porté pour le béton cellulaire pour une isolation de l’ordre de U=0,1 W/m2.K.

Pourquoi ce matériau ?

  1. Argument subjectif : « j’aime bien le produit, il est très léger, facile à découper, de la belle maçonnerie en pose collée »
  2. C’est plus isolant que le bois avec une conductivité thermique pour les meilleurs blocs à λ=0,09 W/m.K
  3. C’est un matériau homogène, isolant et ayant une résistance à la compression suffisante pour une maison donc un matériau intéressant pour traiter des ponts thermiques
  4. La masse de ce matériau permet aussi de gagner en inertie et donc en confort d’été (en terme de déphasage thermique mais aussi de stockage de « frais » si celui-ci est bien en contact avec l’air intérieur du logement)
  5. C’est un système constructif validé par un avis technique du CSTB pour une construction en zone sismique (voir avis technique)

Pour ce chantier, le défaut est que ce matériau est peu utilisé par les maçons locaux et je souhaitais une pose de ce produit en forte épaisseur (blocs de 50cm pour une résistance thermique de 5,5 m2.K/W chez YTONG) avec un complément d’isolation par l’extérieur de 20cm de polystyrène + enduit pour parfaire le confort d’été. Cependant d’un commun accord avec mon maitre d’oeuvre, la technique étant peu courante dans la region, il valait mieux se rapprocher d’une solution plus classique à mettre en oeuvre afin de garantir une bonne mise en oeuvre. Ainsi pour garder le matériau, le choix s’est finalement porté sur un bloc de 25cm assez similaire à mettre en oeuvre qu’une Brique type BGV très utilisée dans le coin. Cette épaisseur a été choisie aussi pour faciliter la mise en oeuvre en zone parasismique (25cm d’épaisseur facilite la mise en oeuvre du ferraillage)

D’un point de vu de l’isolation, il faut une résistance thermique de l’ordre de 10 m2.K/W, donc en faisant le calcul, il y a 20cm de polystyrène à l’extérieur donc R=5,26 m2.K/W, plus 25cm de béton cellulaire donc R=2,77 m2.K/W soit un total de 8 m2.K/W. Il me manque donc un peu d’isolation. Le choix s’est porté vers une isolation traditionnelle par l’intérieur de 10cm de GR32 ISOVER.

Cette solution a l’inconvénient de rajouter un poste isolation par l’intérieur et de se couper de l’inertie des murs. Son avantage est de bien répartir l’isolation dans la paroi, ce qui facilitera le traitement des ponts thermiques.

Afin de limiter les ponts thermiques au niveau de la fixation de l’isolation, l’ITE (Isolation Thermique par l’Extérieur) sera en pose collée et l’ITI (Isolation Thermique par l’Intérieur) sera réalisée derrière un doublage plaque de plâtre sur système OPTIMA2 ISOVER.

La transmission thermique U de la paroi sera donc de 0,089 W/m2.K donc l’objectif de 0,1 W/m2.K est atteint ! L’épaisseur totale du mur sera de 62cm hors colle et enduit extérieur.

Voici la coupe du mur :

mur

La fixation des plaques de plâtre sur tasseaux de bois permet de laisser un vide technique de 4cm environ pour le passage de l’électricité et la plomberie

La présence d’un pare-vapeur STOPVAP permet de limiter le risque de condensation dans le mur, hypothèse confirmée par un calcul de point de rosée :

Temperaturverlauf

Enfin la hauteur des menuiseries, ainsi que les hauteurs de mur ont été étudiées afin de limiter les découpes de bloc et l’emploi de béton armé (pas de trumeau étroit par exemple). Voici ci-dessous un exemple de plan de calepinage de l’étage de la façade sud ainsi qu’une photo de la façade réalisée :

calepinage

facade